Les expressions liées aux éléphants

De tout temps, l’éléphant a toujours fasciné. Au IVème siècle avant J.C., Aristote disait de l’éléphant qu’il était “la bête qui dépasse toutes les autres par l’intelligence et l’esprit”. Depuis, la symbolique de l’éléphant s’est ancrée dans toutes les cultures du monde : symbole de sagesse et de douceur dans la culture asiatique, il est associé à la mémoire et à la longévité dans la culture occidentale tandis qu’il incarne le rôle du patriarche et du chef des animaux dans la culture africaine. Dans la religion bouddhiste, il est symbole de puissance mentale quand la religion chrétienne l’érige en symbole de piété. D’un point de vue universel, l’éléphant représente puissance et indépendance. Cet animal aux multiples facettes a nourri la culture populaire au point d’être à l’origine de plusieurs expressions imagées. En voici quelques-unes accompagnées de leur petite histoire…

Avoir une mémoire d’éléphant 

Contrairement à celui qui a une mémoire de poisson rouge, celui qui a une mémoire d’éléphant possède une excellente mémoire et est capable de mémoriser une quantité impressionnante d’informations diverses. L’expression est souvent employée pour parler de quelqu’un de rancunier, qui n’oublie pas le mal qu’on a pu lui faire.

Pourquoi l’éléphant ? Il se trouve que le pachyderme est effectivement doté d’une excellente mémoire ! De nombreuses études comportementales ont montré que l’éléphant est capable de mémoriser les pistes et itinéraires qu’il emprunte, notamment pour trouver un point d’eau, et ne se perd jamais. Il est aussi capable de retenir les périodes de maturation des fruits, de savoir où tel fruit se trouve et de s’y rendre lorsqu’il sait qu’il sera mûr et propre à la consommation. Les éléphants se transmettent ce type d’informations de génération en génération et entretiennent ainsi un savoir collectif. Excellent physionomiste, l’éléphant n’oubliera jamais un visage, même après plusieurs années de séparation, d’autant plus s’il a tissé des liens avec l’être qui y est associé, humain ou animal.

Être comme un éléphant dans un magasin de porcelaine

Moins flatteuse pour l’éléphant, cette expression signifie être très maladroit, notamment dans une situation délicate. Elle s’emploie au sens propre (avoir des gestes maladroits) comme au figuré (enchaîner les gaffes).

Pas besoin d’explications, vous aurez compris que cette expression vient des caractéristiques physiques du pachyderme. L’éléphant est l’animal associé à la lourdeur et véhicule une impression de maladresse du fait de sa taille. Le magasin de porcelaine représente la fragilité et désigne par extension une situation délicate. C’est le contraste exagéré entre ces deux extrêmes qui donne sa force à l’expression.

Le cimetière des éléphants 

Cette expression est employée de manière métaphorique pour désigner le déclin ou la mise au rebut de personnes et objets au passé glorieux.

Au sens propre, le cimetière des éléphants désigne l’endroit où la légende disait que les éléphants d’Afrique se rendaient d’eux-mêmes pour aller y mourir. La légende, depuis infirmée par les zoologues, est née suite à la découverte de groupes de squelettes d’éléphants dans un même endroit. Elle s’est répandue en Europe au XIXème siècle, attisant la convoitise des chasseurs d’ivoire. Depuis, de nombreuses explications ont été données pour expliquer ces découvertes. La plus évidente : les éléphants âgés se regroupent aux endroits où ce dont ils ont besoin pour vivre se trouve à proximité (point d’eau, marécages, nourriture tendre). La plus cruelle : ces groupements de squelettes d’éléphants (dont les défenses avaient disparu) étaient sans aucun doute l’oeuvre d’un groupe de chasseurs… Malgré tout, la légende du cimetière des éléphants continue encore de fasciner et de nourrir la culture populaire aujourd’hui.

Éléphant blanc 

Employée de manière péjorative, en particulier dans les régions francophone d’Afrique, en Belgique ou au Canada, cette expression désigne une réalisation d’envergure, souvent d’initiative publique, qui a coûté très cher mais qui se révèle inutile et dont l’entretien est davantage un fardeau financier qu’autre chose. Une réalisation qualifiée d’“éléphant blanc” est conservée pour des raisons de prestige, même dans le cas où le projet ne viendra jamais à bout. L’expression a notamment été employée pour désigner la réalisation du Concorde ou du paquebot Le France.

L’origine de cette expression nous vient… de la tradition hindouiste ou bouddhiste. Selon la légende, la mère de Bouddha aurait rêvé d’un éléphant blanc la nuit avant sa naissance. Par conséquent, la culture bouddhiste a toujours sacralisé les éléphants blancs. Les Princes de l’Inde s’offraient des éléphants blancs en offrande, cadeau qui devenait parfois un fardeau. En effet, les éléphants blancs devaient être bien traités mais ne pouvaient être utilisés pour travailler : posséder un éléphant blanc était donc coûteux et ne rapportait pas de bénéfice financier.

L’éléphant dans la sagesse populaire

Dans différentes cultures du monde (notamment dans la culture africaine), on retrouve l’éléphant dans des proverbes de sagesse populaire. En voici quelques-uns pour votre plaisir, à méditer…

  • “Le coassement des grenouilles n’empêche pas l’éléphant de boire” (proverbe africain)
  • “Un énorme éléphant n’a pas toujours d’énormes défenses” (proverbe africain)
  • “Le vieil éléphant sait où trouver de l’eau” (proverbe africain)
  • “Quand l’éléphant trébuche, ce sont les fourmis qui en pâtissent” (proverbe africain)
  • “Le monde flatte l’éléphant et piétine la fourmi” (proverbe indien)
  • “On ne compare pas un moustique à un éléphant” (proverbe grec)
  • “L’éléphant n’est pas fatigué de porter sa trompe” (proverbe Sanskrit)
  • “Ne te mêle pas d’aider l’éléphant à porter ses défenses” (proverbe Siamois)
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by Anonymous on Blank Business Name

Article très complet et agréable à lire sur l'Eléphant du web!

by Anonymous on Blank Business Name

J'adore, bel article !